L'industrie Textile


Jusqu'au 18ème siècle, l'activité essentielle de Ribeauvillé tournait autour de la vigne. Une profonde mutation s'opère lorsqu'en 1766 s'implante la première manufacture textile : elle est fondée par Philippe Steffan, dans une maison de la basse ville (actuelle rue Neuve). Soutenu par les ducs de Deux- Ponts, la manufacture connut un essor important qui dynamisa la ville (elle passe de 4541 habitants en 1803 à 7293 en 1841, faisant d'elle la 4ème ville du Haut- Rhin, après Mulhouse, Colmar et Sainte- Marie- aux- Mines). En 1782, l'entreprise installe une teinturerie dans un moulin au- dessus de la ville, mais la pollution des eaux qui traversaient la ville les contraignit à abandonner l'activité.

Après la Révolution, l'entreprise, qui avait connu des difficultés, s'installe en haut de la ville et se spécialise dans la teinture et l'impression des toiles de coton, mais les difficultés économiques mirent un terme à l'activité en 1815.

En 1845, l'atelier est racheté par Charles Steiner qui y installe un atelier de teinture en rouge Andrinople , l'entreprise, reprise par ses enfants, s'agrandit ensuite sur le terrain d'autres filatures (Schmid- Koehler, puis Weisgerber, enfin Muckenloch). Elle représente un vaste complexe le long de la route de Sainte- Marie- aux- Mines et du Strengbach. Son savoir- faire exclusif lui assure un immense succès : en 1844, ils produisent 144 000 mouchoirs, 12 400 m d'indiennes et 150 000 mètres de meubles. Ce succès, avec une diversification des produits et d'autres propriétaires, s'est poursuivi jusqu'à nos jours. La M.I.E ou Manufacture d'Impression sur Etoffe avec sa marque Beauvillé (www.beauville.com) est la seule industrie textile à subsister de nos jours dans notre ville.



Le panneau japonais
Véritable chef d'oeuvre de l'impression sur étoffe, il fait la fierté de la Ville, à laquelle il fut offer, en 1964, par la Manufacture Steiner. C'est une reproduction à l'identique d'une série de 4 panneaux présentés à l'Exposition Universelle de Paris en 1900 (récompensés par la Médaille d'Or), achetés par l'Empereur du Japon pour la salle à manger du Palais Impérial à Tokyo. Pas moins de 840 planches à imprimer à la main de 50 cm x 30 cm furent nécessaires. Sur fond Rouge Andrinople sont sur-imprimées 37 couleurs qui donnent vie et éclat à une scène représentant 6 femmes parées de somptueux costumes traditionnels, évoluant dans un jardin en pleine floraison.

Tissu rouge andrinophe ornant la salle du Conseil Municipal dite "Salle Rouge".

Filatures et tissages

De nombreuses filatures se sont installées dans la vallée, profitant de la force motrice de la rivière. La plupart de celles qui étaient installées dans la vieille ville durent déménager au- delà de la Porte Haute, les opérations de blanchiment des étoffes nécessitant de la place. Les plus importantes étaient alors

  • Heilmann frères et Cie, filature fondée en 1816 dans un vaste bâtiment de 5 étages sur la rive droite du Strengbach, en amont de la ville, qui connut une importante activité jusqu'au milieu du siècle ,
  • Alexandre, filature créée en 1821, qui s'installe dans les bâtiments laissés libres par Steffan et ses associés, mais ne parvient pas à s'imposer ,
  • Schmid, Salzmann et Koehler, tissage créé en 1807 peut- être dans la basse ville où elle prend de l'ampleur , elle disparaît en 1867 ,
  • Weisgerber frères, qui s'installe dans la ferme Ostermann (chemin du Brandstatt). En 1823, il s'agrandit dans la Cour de Pflixbourg, puis au Muckenloch, en haut de la ville. Elle fut dissoute en 1895 et les bâtiments furent rachetés en 1922 par l'entreprise Steiner ,
  • Schaeffer frères, ouvert en 1816 dans un ancien bien seigneurial situé au bas du château., dont l'existence resta précaire ,
  • Sée frères, installé en 1820 dans le quartier Brandstatt, en bas de la ville ,
  • Baumgartner et Weiss, fondé en 1849, comportait un atelier route de Guémar, un autre rue de la Fraternité , ils fermèrent en 1856.


Ces entreprises employèrent chacune entre 25 et 400 ouvriers suivant les époques... dont des enfants.