Les légendes



Quand on regarde les trois châteaux qui dominent la ville, la splendeur du Saint Ulrich ou le nid d'aigle du Girsberg, on se demande quelle lignée d'illustres dynastes un peu mythiques ont pu vivre ici. Beaucoup d'auteurs, même des archéologues par ailleurs compétents, s'y sont laissés prendre. Il faut parfois savoir revenir sur terre. Mais l'imagination populaire, aidée par le caractère turbulent sinon belliqueux des anciens seigneurs, ne pouvait que s'emparer d'un site aussi évocateur et poétique. Heureusement, elle ne s'est pas privée de le faire...

On raconte ainsi que deux frères habitaient le Saint Ulrich et le Guirsberg et se réveillaient chaque matin en envoyant un carreau d'arbalète dans le volet de l'autre. Hélas, un matin, l'un des seigneurs tua son frère qui ouvrait son volet au mauvais moment. Le meurtrier disparut, dit-on, à jamais, mais son fantôme rôde parfois autour du château, et, dans le hurlement de la tempête, entraîne avec lui dans les airs une chasse infernale d'un château à l'autre.

Les nuits d'orage sont l'occasion d'apercevoir un autre fantôme : celui de la belle et frivole Gielin, qui assassina son vieux mari, le sire de Hungerstein, pour récupérer son héritage et continuer sa vie légère. Cela se passait en 1487. Découverte, elle fut condamnée à être noyée. Elle échappa à son sort avec la complicité du bourreau, mais son refuge en Suisse n'était pas assez sûr : le sire de Ribeaupierre, Landvogt d'Alsace et suzerain de Hungerstein, la retrouva et la fit enfermer dans le donjon du Ribeaupierre où elle mourut plus de vingt ans après...

On sourit davantage à la légende du fifre : c'est parce qu'un seigneur avait donné une bourse à un musicien qui avait cassé son instrument que la corporation l'avait choisi pour leur patron. (voir la rubrqiue HISTOIRE/Particularités/La Fête des Ménétriers).