LE PRINTEMPS DES PHILOSOPHES

9 au 14 mai 2016


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Thème 2016 "L'imagination du désir"

"Si le désir est l’essence de l’homme (Spinoza), plutôt que la raison, le langage ou le rire, il convient de rapporter toutes les productions et activités humaines à cette source intarissable, qui exprime à sa façon l’intensité et la variété de la vie de l’espèce et de l’individu singulier.

Tous les domaines de la culture sont concernés: l’art et les passions, bien sûr, mais aussi la religion, la politique, la morale, la science et la technique, et même la philosophie et la métaphysique.

Penser la culture à partir du travail imaginaire du désir constitue le principe d’un regard nouveau et d’une réévaluation originale, en particulier à propos de ses projections (les croyances, les convictions, les préjugés ou l’expérience visuelle / hallucinatoire) ou de ses rêves plus ou moins élaborés (du fantasme sexuel privé à l’imaginaire collectif, de la modélisation politique à l’utopie).

Le désir à l’œuvre dans l’imaginaire atteste en tout cas de la puissance “humaine, trop humaine” à inventer des mondes sui generis, qui sont autant de signes-symptômes de l’état psychique de l’humanité (plus ou moins… déplorable) que des instruments d’optique et de savoir sur nous-mêmes."

Philippe CHOULET

  • Lundi 9 mai.

14h-16h. Philippe Choulet. Le désir a-t-il autant d’imagination qu’on le dit? Lycée de Barr.

  • Mardi 10 mai.

18h45-20h. Françoise Frontisi-Ducroux.Le désir et les dieux – Quand la mythologie nous parle d’amour. Librairie Quai des Brumes / Strasbourg. 

  • Mercredi 11 mai.

17h-19h. Bernard Baas. Ulysse et les Sirènes: une image homérique des embarras du désir. Lycée Fustel de Coulanges / Strasbourg.

  • Jeudi 12 mai.

20h Projection au Cinéma Rex de Ribeauvillé : M. le Maudit de Fritz Lang

Présentation Nafissa Haïdar

Date de sortie : 8 avril 1932 – Durée 1h 52min

Avec Peter Lorre, Otto Wernicke, Gustaf Gründgens

Toute la presse ne parle que de ça : le maniaque tueur d’enfants, qui terrorise la ville depuis quelques temps, vient de faire une nouvelle victime. Chargé de l’enquête, le commissaire Lohmann multiplie les rafles dans les bas-fonds. Gênée par toute cette agitation la pègre décide de retrouver elle-même le criminel : elle charge les mendiants et les clochards de surveiller chaque coin de rue…

  • Vendredi 13 mai

Martin Steffens: L’imagination chez les mystiques : l’exercer ou l’exorciser. Lycée Kléber, Strasbourg. 19h (30)-21h(30).

«Dans cette contemplation, je verrai des yeux de l'imagination le chemin de Nazareth à Bethléem, considérant sa longueur, sa largeur. Est-il uni? Traverse-t-il des vallées? Est-il sur des collines? Je considérerai de même la grotte où naît le Sauveur. Est-elle grande ou petite? Est-elle haute ou basse?»

Telle est l’une des contemplations dont sont tramés les Exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola.

Celui-ci fut un grand mystique, qui donnait aux «yeux de l’imagination» la fonction de creuser notre foi.

Mystique, Simone Weil le fut aussi, mais elle ne voyait dans l’imagination qu’une «combleuse» des vides par où la grâce voudrait passer.

L’imagination, on en déborde: a-t-on à ce point horreur du vide? A moins que ce soit en manquer que de prendre les choses par ce bout-là…

  • Samedi 14 mai

10h-12h. Philippe Choulet. Le désir a-t-il autant d’imagination qu’on le dit? Lycée de Ribeauvillé.

15h-16h15. Hadi Rizk. Réalité du présent et primauté du possible.

Il est courant d’opposer la réalité, le sérieux et aussi les contraintes du présent à l’indétermination et à l’irréalité de l’avenir. C’est pourquoi l’on prête à la contingence du futur la vertu d’ouvrir un certain espace de réalisation à l’espoir, à ce qui n’est pas encore, bien que l’avenir lui-même soit circonscrit par la nécessité de ce qui est actuellement.

Nous envisagerons, à l’inverse, de déterminer et d’évaluer la réalité du présent : être en puissance qui accompagne toute actualisation, nécessité propre aux antagonismes, opacité du réel, qui détourne les initiatives en cours et, enfin, jeux de la liberté et du pouvoir, alimentant la servitude volontaire. Or ces formes de l’impuissance sont inséparables du pouvoir-être de l’existence et de l’action. Car vivre le présent, vivre au présent, c’est éprouver, imaginer et rendre effectif le possible, qui constitue le « double » d’un présent dont la réalité est ni accomplie ni épuisée.

16h30-17h45. Philippe Saltel. La haine et son imaginaire : le corps à corps de la méchanceté

La haine est une passion tenace, peut-être la plus tenace de toutes.

L'observation de sa complexité peut s'arrêter avec profit au rôle important du travail de l'imagination, qui nourrit et renforce les projets les plus féroces et les plus méchants. Les capacités mobilisées par le désir rancunier, très dépensières en énergie mais très efficaces dans leur fonction, sont en réalité très humaines: de leur considération, les grands analystes des passions ont pu tirer une compréhension "sans haine et sans crainte" de cette passion réputée la plus mauvaise et en particulier de ses ressorts dans les arcanes de la pensée.

Ecouter, regarder, suivre quelques "haïsseurs" ordinaires, et ce à bonne distance, pourrait servir à bien des choses…

18h – 18h30/40 : Régine Battiston : présentation de Max Frisch et d’Andorra

Buffet

20h30 Pièce de Max Frisch Andorra par la Cie Orten – Mise en scène : Fabian Chappuis

Première parution en 1965 – traduit de l’allemand par Arnaud Jacob

Adaptation et scénographie : Fabian Chappuis

Assistant à la mise en scène : Emmanuel Mazé

Vidéo : Bastien Capela

Musique : Cyril Romoli

Chorégraphie : Yann Cardin

Lumière : Florent Barnaud

Vidéo : Bastien Capela et Quentin Defalt – Régie vidéo : Ludovic Champagne

Costumes : Maud Berthier et Domitille Roche-Michoudet

Masques : Sébastien Puech

Construction décor : William Defresne et Thierry Ortie (Comme un plateau)

Artistes : Romain Dutheil (Andri), Elisabeth Ventura (Barbeline), Laurent d’Olce (Le Maître d’école), Marie-Céline Tuvache (La Mère), Anne Coutureau (La Senora), Loïc Risser (Le Prêtre), Hugo Malpeyre (Le Soldat), Stéphanie Labbé (L’Aubergiste), Eric Wolfer (Le Menuisier), Alban Aumard (Le Docteur) et les témoignages de Jean Patrick Gauthier, Philippe Ivancic, Gaëtan Peau, Benjamin Penamaria, Philippe Perrussel, Paula Brunet Sancho, Vincent Viotti

Andorra est un petit pays imaginaire qui attend avec angoisse l’invasion des Casaques Noires, les redoutables soldats de la dictature voisine. Jusqu’ici, il s’agissait d’un îlot de tranquillité, autoproclamé pur et «vierge de toute culpabilité» par ses habitants. Les façades de leurs maisons ne sont-elles pas blanches comme neige ? Ne tolèrent-ils pas justement chez eux la présence d’un Juif, preuve irréfutable qu’ils ne sont pas comme les «barbares» d’à côté ?

Ce Juif, c’est Andri, un jeune homme que le maître d’école aurait, selon la version officielle, courageusement enlevé des griffes du pays des Casaques Noires. Quel acte magnifique, se gargarise la population d’Andorra ! Enfin, jusqu’au moment où la menace d’invasion se précise… Là, cette même population se dit qu’il vaudrait peut-être mieux se débarrasser de cet encombrant réfugié, pour ménager la susceptibilité de la nation voisine, qui exècre le peuple juif. Seul le père adoptif d’Andri sent que le venin de l’antisémitisme s’insinue doucement mais inexorablement. Le drame paraît désormais inéluctable…

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